05 · Journal · Mis à jour le · Voyager autrement

Le tourisme de masse est une arnaque. On y retourne quand même.

Pourquoi le tourisme de masse continue de gagner, et ce que change le fait de poser ses valises ailleurs, en Provence.

Le tourisme de masse est une arnaque. On y retourne quand même.

Pourquoi le tourisme de masse continue de gagner, et ce que change le fait de poser ses valises ailleurs, en Provence.

Chaque été, des millions de voyageurs se serrent sur les mêmes plages, patientent dans les mêmes files, photographient les mêmes monuments derrière une forêt de téléphones tendus. On le sait. On s'en plaint. Et l'année suivante, on recommence.

Ce que le tourisme de masse vend vraiment

La vraie promesse du tourisme de masse n'est pas un lieu, c'est une garantie. La garantie que l'expérience sera validée par d'autres avant nous, que les photos rendront bien, que personne ne pourra reprocher le choix. Airbnb noté 4,9 étoiles. TripAdvisor premier de sa catégorie. 12 000 avis. Cette mise en commun du goût pousse tout le monde vers les mêmes destinations, les mêmes restaurants, les mêmes cadrages. Le choix cesse d'être un geste de curiosité ; il devient un geste de conformité.

Le paradoxe de l'authenticité packagée

Les opérateurs touristiques ont parfaitement saisi la demande d'authenticité, et l'ont transformée en produit. Le village typique avec son marché reconstitué pour les cars. L'hôtel de charme avec sa décoration locale commandée en gros. Le menu du terroir signé par un chef arrivé de Paris la saison dernière. L'authenticité se vend bien. On la reconnaît au fait qu'elle coûte plus cher que l'original.

L'autre voie : accepter l'incertitude

Bédarrides n'est pas Gordes. Pas de château perché, pas de boutiques d'huile d'olive à 30 euros. Un village qui vit pour de bon, un marché le mercredi, l'Ouvèze qui descend vers le Rhône, et le Triangle d'Or à portée immédiate : Avignon, Orange, Châteauneuf-du-Pape, presque à vélo. Choisir ici, c'est choisir un point d'ancrage plutôt qu'un point d'attraction. Le décor ne fait pas le voyage. Le tempo qu'on y adopte, si.

Le touriste cherche ce qu'il connaît déjà. Le voyageur cherche ce qu'il ne sait pas encore nommer.